"Appuyer les agricultures paysannes et le monde rural par l'information, la formation et le conseil"


   
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La Formation Agricole et Rurale (FAR) au Sénégal

[Source : TDR atelier du 13 et 14/01/05 sur la SNFAR organisé par le BFPA]

Contexte

L'agriculture tient un rôle primordial dans la vie quotidienne des sénégalais comme dans l'économie générale du pays. Le secteur agricole, qui intéresse plus de 50 % de la population, est actuellement en stagnation. Sa part dans le PIB, en régression, est aujourd'hui de moins de 17 %, à tel point qu'il ne paraît pas abusif d'affirmer que le secteur agricole et rural assume de plus en plus difficilement les différentes missions qu'ils devraient remplir au niveau de l'État nation, à savoir :

  • Nourrir les populations urbaines et rurales ;
  • Accroître les ressources en devises de l'État par les produits d'exportations ;
  • Protéger et améliorer les ressources naturelles ;
  • Assurer à ses acteurs un niveau de revenu décent et en progression ;
  • Conserver et accroître ses emplois/auto emplois.
Actuellement, la répartition des emplois et auto emplois est la suivante :
[Source : Direction de la prévision et des Statistiques - Ministère de l'économie et des finances]

Secteur Domaine % Si l'emploi et l'auto-emploi progressent en milieu rural (par la force des choses : augmentation de la population rurale, très faible capacité d'accueil du secteur secondaire), la pauvreté n'y régresse pas.
Formel public 4
privé 4
Informel urbain 28
rural 64

Cette cinquième mission est donc très imparfaitement assumée.

Pourtant, et à défaut d'alternative, le secteur primaire doit s'attendre à accueillir nombre de jeunes dans les années à venir ( le nombre des jeunes à insérer dans la vie active va quasiment doubler (196 858 en 2000 —› 363 547 en 2030)).

Est-ce que ces exploitations agricoles dégageront des revenus suffisants pour permettre l'émergence de secteur de services d'amont et d'aval créateurs d'emplois/auto emplois ?

Tous les points saillants relevés ci dessus auront une incidence lourde du court au long terme sur « la question des ressources humaines du secteur agricole » et en conséquence sur les travaux ultérieurs de conception d'une «politique nationale de formation agricole».

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Problématique de la FAR

À la lumière des constats évoqués plus haut, la formation sans être le seul bien évidemment apparaît comme un levier puissant pour changer le cours des choses.

Trois documents de référence en dessinent le cadre, il s'agit de

  • La Stratégie Nationale de Formation Agricole et Rurale (SNFAR) Lire le texte...
    [Source : "Former les acteurs d'une nouvelle économie agricole et rurale" - Orientations et stratégies de formation à l'horizon 2015]

    Après avoir dressé un certain nombre de constats s'appuyant sur des analyses historique, diagnostique et prospective, elle proposait les quatre orientations suivantes :

    1. généraliser l'éducation de base en milieu rural, assurer à tous les ruraux l'accès à l'alphabétisation.
    2. Répondre aux besoins de formation professionnelle des ruraux dans tous les domaines.
    3. Renforcer, adapter et mieux articuler les formations secondaires et supérieures entre elles et avec celles destinées aux ruraux.
    4. Réguler l'ensemble des institutions publiques et privées de F.A.R.

    Et recommandait dans ses conclusions de passer :
    • d'une logique de projet d'assistance technique classique à une logique d'accompagnement, ou l'initiative est laissée aux acteurs locaux;
    • de l'encadrement à l'accompagnement des agriculteurs et des ruraux.

    Au nombre des stratégies proposées figurait la suivante :
    « appuyer la formulation de la demande de formation des ruraux, en systématisant les mécanismes leur permettant

    • d'identifier et de formuler leurs besoins,
    • de mobiliser des ressources et des compétences pour y répondre et
    • de s'impliquer dans la formation ».

  • La Lettre de Politique de Développement Institutionnel (LPDI)  Lire le texte...

    Elle rappelle notamment, dans une vision institutionnelle à 10 ans, les orientations suivantes :

    1. Les ministères de l'agriculture et de l'élevage se recentrent sur les fonctions de service public exclusivement :
      • orientation, analyse et prévision,
      • suivi, coordination et évaluation de la mise en oeuvre des actions et des politiques
      • réglementation et contrôle dans les différents domaines relevant de ces Ministères.
    2. Les organisations de producteurs sont capables
      • de fournir ou de faire fournir effectivement des services à leurs membres pour leur permettre d'améliorer leur productivité et augmenter leur production
      • d'exprimer et de soutenir leurs options et opinions en terme technique par rapport à la génération et au transfert de technologies
    3. Des services de conseil agricole répondant aux besoins des producteurs et devant lesquels ils sont comptables (les décisions concernant les programmes sont prises par les OP)

  • La Loi d'Orientation Agro Sylvo pastorale (LOASP)  Lire le texte de loi...

    Consacre plusieurs articles au développement de la formation de l'ensemble des acteurs ruraux

    • Art.55 - L'installation des jeunes agriculteurs ayant reçu une formation professionnelle ;
    • Art.63 - Avec le soutien de l'État, dispenser une formation générale, technique et professionnelle dans les métiers de l'agriculture,... et à tous les ruraux ;
    • Art.62 :
      1. définition et la mise en oeuvre d'une Stratégie Nationale de FAR (SNFAR) ;
      2. création de structures de formation aux métiers de l'agriculture dans chaque département ;
      3. il évoque également l'assurance d'une alphabétisation de tous les ruraux .
    • Art. 64 - Création d'établissements de formation supérieure des sciences & techniques Agro-Sylvo-Pastorales ;
    • Art. 67 - Définition et mise en oeuvre d'un programme de renforcement des capacités des agents de l'Etat et des représentants des Collectivités Locales ;

On pourrait y ajouter les articles traitant du conseil agricole et rural, dans la mesure où la formation représente le premier secteur d'intervention de l'ANCAR, et alors que l'absence d'une formation initiale de conseillers agricoles se fait ressentir.

Perspectives

Au regard des constats et des enjeux mis en évidence, qui sous tendent la mise en route de nombreux chantiers d'importance, le Ministère de l'Agriculture et de l'Hydraulique (MAH) est conscient de la nécessité d'un pilotage partagé avec d'autres acteurs publics, les Organisations Professionnelles et les autres acteurs de la société civile : il n'en a ni la légitimité ni les moyens , rappelons également que « La politique et les programmes de développement agro-sylvo pastoral sont définis, mis en oeuvre et évalués par l'État, en concertation avec les collectivités locales et l'ensemble des acteurs économiques et sociaux concernés »(Article 4 de la LOASP) .

Pour cela, Le Ministère de l'Agriculture et de l'Hydraulique a créé et chargé le Bureau de la Formation Professionnelle Agricole (BFPA) de la formulation et de la mise en oeuvre de la politique de formation professionnelle agricole, ainsi que de la supervision et de la coordination de l'ensemble des structures de formation professionnelle agricole.

Actions

C'est dans cet esprit que le Bureau de la Formation professionnelle agricole a commandité début 2004 une expertise qualifiante et structurante (CNEARC-CESAG) pour :

  • Produire un état des lieux couvrant l'inventaire et la caractérisation des opérateurs de formation et de l'offre de formation (Basse Casamance, et zone du Delta) sur la base d'un diagnostic participatif au niveau local ;
  • Faire produire par les intéressés et les bénéficiaires une analyse des attentes en la matière
  • Faire émerger des propositions pour généraliser et pérenniser « un processus permanent d'appui à l'actualisation et à la formalisation de la demande de formation » ;
  • In fine avoir des éléments de proposition pour une composante formation du PSAOP.

Le choix de ces deux régions a été motivé par la présence en leur sein de deux cadres de concertation spécifiques à la FAR (RESOF à Saint Louis, et Comité Régional FAR à Ziguinchor) qui, en se voyant offrir cette opportunité, rendaient ainsi possible une formation de leurs membres dans l'action, et la pérennisation de ce travail engagé.

En janvier 2004, le Bureau Formation professionnelle Agricole a pris l'initiative d'en informer un groupe de suivi national, reprenant en partie la composition du Comité National de Planification Stratégique de la FAR, toutes les institutions présentes ont reçu les résultats de ces travaux par voie électronique. La quasi totalité des acteurs qui ont pu s'exprimer à l'occasion de ce diagnostic a souligné la nécessité de renforcer les mécanismes de régulation et de gestion du dispositif de formation professionnelle agricole, au niveau national et régional, dans l'esprit des lois de décentralisation.

Le Réseau des Formateurs de la Vallée a organisé dans ce sens début décembre 2004 un atelier au cours duquel les participants se sont accordés sur la configuration d'une prochaine instance regionale de pilotage de la FAR dans la Vallée du Fleuve Sénégal. Un atelier de restitution des travaux menés par le CESAG et le CNEARC s'est tenu les 13 et 14 janvier 2005 dont les conclusions seront publiées sur ce site très prochainement.

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